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LA PORCELAINE : Lors de son exploration en Chine, entre 1275 et 1291, Marco Polo s’émerveille de découvrir une céramique d’une finesse et d’une transparence inconnue en Occident. Il la baptise « porcellana », du nom d’un coquillage nacré.

C’est le début du fol engouement des Européens pour la porcelaine chinoise : elle fera vite l’objet d’un important commerce, de multiples contrefaçons et d’entreprises rocambolesques d’espionnage industriel. Il faudra cependant 4 siècles aux européens pour percer le secret de fabrication et de son ingrédient principal, le kaolin. Mystère. Depuis le IIIème siècle au moins, les chinois mélangèrent le kolin (une argile blanche très pure extraite d’une carrière située à Jingdezhen) à la pâte de leurs céramiques. Ils avaient en effet découvert que le kaolin, après une cuisson à 1 200 degrés, apportait à la céramique une dureté, une blancheur et une transparence sans pareil par rapport aux poteries traditionnelles. Un art qui a atteint son âge d’or sous la dynastie Ming (1368-1644) avec les fameux « bleus et blancs ». L’ouverture de la route des Indes par Vasco de Gama après 1498 permet à la porcelaine chinoise de se diffuser en Europe. Les Portugais, puis les Hollandais, les Anglais et les Français se disputent le monopole de son importation. En France, elle s’impose sur les tables du roi et de la noblesse. Pour répondre à la demande, les chinois développent des formes et des décors au goût des occidentaux. Désireux de capter une part de ce marché, les potiers européens commencent alors à copier les décors chinois. Soutenus par de riches mécènes, ils cherchent à percer le secret de la Kaolin, ils ne réussissent qu’à mettre au point la « porcelaine tendre », beaucoup plus fragile. Alchimistes. Ce n’est qu’en 1709 qu’un alchimiste allemand, Johann Friedrich Böttger découvre la formule et identifie par hasard un gisement de kaolin. Ce sont les débuts de la célèbre manufacture de Meissen, en Saxe. En France le père jésuite François Xavier d’Entrecolles rapporte en 1712 de Jingdezhen, où il a espionné sous couvert d’évangélisation, le secret de la composition de la porcelaine et des échantillons de Kaolin. Mais il faut attendre 1769 pour que la France mette la main sur un gisement de Kaolin, grâce à la découverte par un particulier, près de Limoges, d’une terre blanche et onctueuse utilisée par sa femme pour laver son linge. Deux ans plus tard, la première nièce de porcelaine dure sort des fours de la manufacture de Sèvres. La recette se répand dans toute l’Europe. C’est la fin du règne de la porcelaine chinoise. Le royaume unis va taxer jusqu’à 100% la céramique d’importation, de sorte qu’au début du XIXème siècle, la porcelaine anglaise a complètement remplacé les produits chinois dans l’empire britannique.

Ironie de l’Histoire, après deux siècles d’existence, la porcelaine européenne est entré dans une crise profonde depuis 30 ans, provoquant fermetures et délocalisations. Et la porcelaine chinoise, parfois sous marque européenne, est redevenue la reine incontestée des tables du vieux continent.

La première pièce de porcelaine dure sort des fours de la manufacture de Sèvres, financée par Louis 15.