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MATIERES PREMIERES

Le Blé face au défi alimentaire.

Conclure cette épopée des matières premières par le blé risque de surprendre. Le XXIème siècle ne sera-t-il pas plutôt celui du lithium, des terres rares ou des hydrocarbures non conventionnels ? En réalité, peu de ressources seront aussi stratégiques, que les céréales. Car la terre, qui abrite aujourd’hui 7 milliards d’humains, en accueillera sans doute plus de 9 milliards dans la seconde partie du siècle. Il va donc falloir nourrir des centaines de millions d’individus supplémentaires. Un défi qui ne sera pas simple à relever. D’autant que la pression se fait déjà sentir : les variations du cours du blé ces derniers semestres attestent d’une situation durablement tendue. En 2008 déjà, l’augmentation rapide des prix alimentaires – et notamment ceux du blé – avait donné lieu à de tragiques émeutes de la faim. Ces drames pourraient se reproduire à l’avenir si nous ne résolvons pas plusieurs difficultés. Instabilité. La première tient au fait que la production du blé est par nature instable car elle dépend des contingences climatiques. Les grands incendies liés à la sécheresse de l’été 2010 En Russie l’ont montré : pour protéger l’approvisionnement de sa population, l’Etat russe s’est alors empressé de bloquer ses exportations, entrainant une hausse des cours mondiaux. Cette instabilité n’est ni nouvelle ni spécifique au blé. C’est d’ailleurs pour en maîtriser les effets économiques et sociaux qu’ont été inventés les premiers produits dérivés. Comme ce fut le cas par exemple sur le marché du riz à Osaka au Japon dès le XVIIème siècle. Mais cette instabilité pourrait s’accroître avec le réchauffement de la planète. Les accidents climatiques risquent de se multiplier. Pour y faire face, il est important de disposer de stocks significatifs. Mais personnes ne peut dire aujourd’hui quelle est l’ampleur exacte des stocks mondiaux du fait de l’opacité des stratégies nationales en la matière. Une opacité qui, ajoutée à l’instabilité structurelle de la production, favorise la spéculation : dès lors que les cours mondiaux sont susceptibles de connaître des baisses et des hausses importantes, les investisseurs peuvent y trouver un moyen de faire de confortables profits en peu de temps, quitte à jouer sur une ressource vitale. Concurrence. Une deuxième difficulté tient au fait que les terres céréalières ne sont pas extensibles à l’infini et que leur allocation à la production du blé peut être concurrencée par d’autres exploitations comme celles destinées aux hydrocarbures ou encore à l’alimentation animale plutôt qu’à l’alimentation humaine. Et plus les populations des grands pays émergents évolueront vers un mode d’alimentation carnée, plus ce dernier usage risque de se répandre. Enfin, une troisième difficulté tient au fait qu’il faut à la fois augmenter les volumes de production et veiller à l’environnement. La solution purement productiviste à base d’intrants et de semances améliorées, qui avait permis la « révolution verte » de la dernière partie du XXème siècle, ne convient pas à un tel objectif. Il faut désormais penser une « révolution doublement verte », c’est-à-dire apte à concilier satisfaction des besoins alimentaires et soucis écologiques. Un vaste programme qui replace l’agriculture au cœur de l’avenir.