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DAVID RICARDO
Il a codifié les pratiques du commerce international.
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Il a mis en garde contre l’explosion démographique.
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MATIERES PREMIERES

LE PETROLE : Le 6 Octobre 1973, c’est la fête de Yom Kippour en Israël. C’est aussi la date qu’ont choisi la Syrie et l’Egypte pour attaquer leur voisin et tenter de lui reprendre les territoires perdus lors de la guerre des 6 jours de 1967. Avec l’aide militaire américaine, Israël contre-attaque rapidement et conquiert de nouveaux territoires. Dans la foulée, l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep), crée en 1960 par l’Irak, l’Iran, le Koweït, l’Arabie Saoudite et le Venezuela, et rejointe depuis par le Quatar, l’Indonésie, la Lybie ou encore l’Algérie, proteste contre cette aide occidentale. Elle décide unilatéralement une hausse du prix du baril et 70%, une réduction d’un quart de sa production et surtout un embargo de cinq mois sur les exportations de pétrole destinées aux alliés d’Israël. Les prix quadruplent en un an, passant de 3 à 12 dollars la baril.

Les pays riches sont au bord de l’asphyxie et paniquent. Les Pays Bas rationnent le carburant, tandis que l’Italie et la Belgique bannissent la voiture le Dimanche. En effet, si le charbon fut l’énergie du XIXème siècle, l’ « huile de pierre » est celle du XXème, indispensable à l’automobile, aux avions, à la pétrochimie… Ce premier choc pétrolier déclenche une crise économique durable. Bras de fer. En réalité, la guerre du Kippour sert surtout de prétexte aux pays de l’Opep dans leur bras de fer engagé de longue date avec les majors, ces immenses compagnies pétrolières européennes ou américaines qui ont fait main basse sur la rente pétrolière depuis le début du siècle. Après leur pacte d’Achnacarry noué en 1928, elles règnent en maîtres sur le marché du pétrole, qu’elles contrôlent « des puits à la pompe ». Pendant toutes cette période, les prix sont dictés par le cartel des « seven sisters », composé de BP, Shell, Exxon et autres Texaco, qui a remplacé le monopole de la mythique Standard Oil de John Rockfeller, démantelée par la loi antitrust américaine en 1911. Malgré la forte croissance économique des 30 Glorieuses et la demande de pétrole en hausse constante, les prix restent au plus bas. A 3 dollars le baril, les pays producteurs ne touchent presque aucune dividende de leur propre sous-sol. Après la Seconde Guerre Mondiale et l’accession à l’indépendance des pays du tiers monde, cette situation ne pouvait plus durer. Les pays exportateurs se dotent de compagnies nationales, elles nationalisent en partie ou totalement leur production ou renégocient les concessions d’exploitation accordées aux majors. Le blocus de l’Opep de 1973 n’est donc que la suite logique mais spectaculaire de ce mouvement. Ce coup de force, qui sonne comme le dernier acte de la décolonisation, dure 10 ans, pendant lesquels les pétrodollars coulent à flots. Mais à la fin du pétrole au rabais entraîne de profonds changements sur le marché. Les pays exportateurs font la chasse au gaspi et explorent de nouvelles énergies (notamment le nucléaire), tandis que d’autres gisements pétrolifères deviennent rentables, au Mexique, en Alaska ou en mer du Nord.

Contre choc. Ces évolutions érodent la position dominante de l’Opep. Au milieu des années 1980, c’est le contrechoc pétrolier : l’Opep ne parvient plus à faire respecter ses propres quotas de production parmi ses membres et n’est plus en mesure de dicter le prix du pétrole. Le cours de l’or noir est soumis dès lors aux fluctuations des marchés de Londres ou de New York. Trente-huit ans après la guerre du Kippour, en 2011, le prix du baril dépasse les 100 dollars. Cette fois-ci, ce n’est pas la conséquence d’un embargo, mais la traduction de l’épuisement inexorable de cette ressource rare et polluante face à une demande insatiable.