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DAVID RICARDO
Il a codifié les pratiques du commerce international.
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Il a mis en garde contre l’explosion démographique.
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LA LAINE : La laine occcupe aujourd’hui une place marginale dans la production de fibres textiles : un petit 2%, contre 37% pour le coton et 60% pour les fibres synthétiques. A la fin du moyen âge, elle est au contraire au cœur d’importants échanges internationaux et sert de support aux premiers développements de l’industrie textile, notamment dans les Flandres : la laine y est importée d’Angleterre, puis transformée pour être réexportée sous formes de draps vers l’Italie, via les foires de Champagnes.

Ce commerce fait de Bruges, au XIIème et XIIIème siècle, l’une des capitales économiques de l’Europe. Contrôler le marché. Cette expansion du textile flamand commence au XIIème siècle. Le développement de cette activité est tel que la production locale ne suffit plus et que les marchands se trouvent contraints d’importer. Trois possibilités s’offrent à eux : l’Espagne, la Bourgogne et l’Angleterre. Cette dernière à leur faveur car elle est plus proche, l’estuaire de la tamise étant juste en face de celui du Zwin, qui arrose Bruges.

Ce commerce devient rapidement vital à la fois pour l’Angleterre et pour la Flandres. A la fin du XIIème siècle, 1700 navires assurent chaque année la liaison entre Londres et Bruges. L’économie anglaise dépend de plus en plus de la laine, qui s’impose comme la principale source de richesse pour la couronne. Côté flamand, la moindre baisse de la production anglaise se traduit par d’importantes poussée de chômage.

C’est pourquoi chacune des deux parties cherche à contrôler le marché. Les producteurs organisent des foires de laine à Bristol, Northampton, Westminster… Les marchands flamands construisent leurs propres dépôts dans les grandes villes britanniques. Jusqu’à la fin du 13 ème siècle, ils viennent en Angleterre pour organiser les activités d’achat. Afin de renforcer leur pouvoir de négociation, ils se rassemblent dans des associations nommées guilde ou hanse. Dans les années 1240, la hanse de Londres représente ainsi les intérêts des 17 villes flamandes.

Montée en gamme anglaise. Mais ce commerce décline au milieu du XIVème siècle : les exportations anglaises vers la Flandres chutent de 50% entre 1350 et 1400. Les raisons de ce recul ? L’Angleterre veut développer sa propre industrie textile : elle utilise davantage sa production locale et s’efforce de rendre sa filière plus compétitive en levant une taxe de 33% sur les exportations de laine nationales à partir du XIIIème siècle. Du coup, la mati-re première devient plus chère pour les marchands flamands qui peinent à produire des textiles d’aussi bonne qualité à un prix compétitif sur le marché international. L’Angleterre ne cesse pas pour autant d’exporter une partie de sa laine, notamment en direction des marchands italiens auxquels les marchands flamands vendaient leurs draps quelques années plus tôt… En l’espace de deux cents ans, l’Angleterre s’est ainsi arrachée au statut d’économie d’exportation à faible valeur ajoutée et aura réussi à modifier sa spécialisation aisni que la division internationale du travail en vigueur à l’époque. Un bel exemple de « montée en gamme », comme on dirait aujourd’hui. Quant aux flamands, ils devront finalement se tourner vers les moutons espagnols.