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DAVID RICARDO
Il a codifié les pratiques du commerce international.
THOMAS MALTHUS
Il a mis en garde contre l’explosion démographique.
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MATIERES PREMIERES

LE TABAC : « Quoi que puisse dire Aristote et toute la philosophie, il n’est rien d’égal au tabac. » Cet éloge du tabac par Sganarelle, en ouverture du Dom Juan de Molière, est ironique. Aristote ne connaissait pas le tabac. Les européens ne l’ont découvert qu’en 1492, en même temps que l’Amérique. Les Amérindiens le cultivaient depuis des siècles, l’utilisant notamment pour calmer les douleurs et apaiser la fatigue. Cette réputation de plante curative va favoriser son succès à travers le monde. La légende veut qu’elle ait été introduite en France en 1560 par l’ambassadeur du royaume du Portugal, Jean Nicot. Celui-ci en fit envoyer à Catherine de Médicis sous forme de poudre destinée à soulager les migraines. Il laissera par la même occasion son nom à la nicotine, dont les effets néfastes sur la santé ne seront démontrés que bien plus tard. Si les pouvoirs publics s’intéressent très tôt au tabac, ce n’est donc pas pour cette raison, mais parce qu’il représente un enjeu commercial et une source potentielle de recettes pour l’Eat. Dès le XVIIème siècle, les autorités françaises cherchent à réglementer son commerce. En 1674, Colbert crée un « privilège de fabrication et de vente » : la production et le commerce du tabac sont placés sous contrôle public. Ce privilège fait l’objet de concessions à des personnes ou à des compagnies privées, moyennant une rémunération pour l’Etat. Pour accroître leurs marges, les concessionnaires achètent au moindre prix à des plantations antillaises et revendent beaucoup plus cher sur un marché hexagonal protégé de la concurrence. Bref, ils exploitent une rente. Contrebandes par chattes. Mais la contrebande, via des ports européens comme Amsterdam ou Liverpool, ne tardent pas à se développer, notamment dans les régions côtières de l’Ouest du pays comme à Paimboeuf ou sur l’île de Noirmoutier. Celle-ci voit ainsi arriver par bâteaux de lourdes cargaisons en provenance de Virginie, du Maryland, des Antilles… Des stocks qui sont ensuite écoulés sur le continent au moyen de petites embarcations appelées les « chattes ». La contrebande perdurera aussi longtemps que les conditions de sa prospérité seront maintenus : prix d’achat assez bas, prix de vente élevé sur le marché légal et proximité de pays ou les prix sont inférieurs. Un mécanisme toujours à l’œuvre aujourd’hui : les taxes taxes sur la tabac continuent d’en faire augmenter le prix de vente, creusant le différentiel avec des pays voisins comme l’Espagne et alimentant le trafic transfontalier. Faut-il pour autant les baisser ? non. Les autorités ont aujourd’hui d’autres arguments que les rois de l’ancien temps : protéger la santé de la population. Beaumarché et l'aide aux insurgés américains. Entre 1775 et 1778 Beaumarché ne se contenta pas d'écrire Le Barbier de Séville et Le Mariage de Figaro. L'essentiel de son activité fut d'ordre politique et commercial : dès Septembre 1775, il entreprit de convaincre Louis XVI et Vergennes de la nécessité de soutenir matériellement les insurgés américains; à la demande de Vergennes, il prépara en Mai Juin-1776 un plan d'action qui consistait à créer une société commerciale de façade - Hortalez et compagnie - dont lui même serait le gérant et sous le couvert de laquelleseraient clandestinement acheminées vers l'Amérique, en échange de tabac de Virginie, la poudre, les armes, les munitions et tout l'approvisionnement nécessaire à la conduite de la guerre. Le plan fut accepté et, pour lancer l'affaire, la France et l'Espagne consentirent chacun un prêt d'un million de livres, un troisième million provenant des milieux commerçants où Beaumarchais comptait de nombreux amis. Dès 1777, Hortalez et compagnie disposa ainsi de 12 vaisseaux de transports opérant à partir du Havre, de Nantes, de Bordeau ou de Marseille. La compagnie finira par en posséder 40. Le premier convoi atteignit Portsmouth, N.H., début 1777, avec de quoi qrmer et équiper 25.000 hommes. Cette aide discrète joua un rôle déterminant dans plusieurs victoires américaines, dont celle de Saragota. Fin 1777, Beaumarchais avait transporté, sans recevoir un sou du Congré ni le moindre gramme de tabac, pour cinq millions de livres de matériels. L'aide française via Hortalez et compagnie, était-elle un don, une opération de vente ou un prêt remboursable? Ce malentendu qui allait longuement agiter la classe politique américaine et tourna au scandale : il mit fin à la carrière de Silas Deane et plongea Beaumarchais dans les dettes.